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17.01.2010

Lettre ouverte au Président Herman Van Rompuy, par Ali Daddy

Monsieur Van Rompuy, un commentaire sur notre blog Reflets vous décrit comme un homme ayant le « sourire fin du Bouddha ». C’est de bon augure pour l’immense tâche qui vous attend. L’avantage lorsque l’on inaugure une fonction, c’est que tout est ouvert et donc possible.

Pour ma part j’insisterais d’abord sur la nécessité de rendre l’Europe accessible aux citoyens. Même pour nous qui habitons Bruxelles, sa capitale, l’Europe est un «grand machin» carrément opaque et totalement inaccessible.

Il y a quelques années, lorsque j’étais jeune étudiant en journalisme à l’ULB, j’avais décidé d’écrire une lettre à Jacques Delors, alors président de la Commission européenne. J’avais été sensible à la fois à son style et à la campagne de sensibilisation des citoyens à l’Europe qu’il avait lancée. Plusieurs mois passèrent sans que je ne reçoive la moindre réponse malgré de multiples démarches.

Alors que le bureau du président Jacques Delors était situé à moins de deux kilomètres de mon domicile de l’époque, je dus passer via Paris et Jack Lang, alors ministre de la Culture de François Mitterrand, pour avoir un retour de courrier du cabinet Delors. Vous me direz que cela ne date pas d’hier, certes, mais les choses n’ont guère changé et ont même plutôt empiré. Les institutions européennes restent un bunker. C’est en tous cas à vous qu’il incombe de nous prouver le contraire.

L’immigration ensuite. Vaste chantier. Pour ce qui est de l’immigration que l’on pourrait qualifier de plus ancienne, il est toujours utile de rappeler que si elle existe, c’est pour des raisons historiques et économiques. Tout d’abord, beaucoup d’étrangers sont venus se battre contre l’armée allemande et donner leur vie pour libérer l’Europe du fascisme. Ensuite, dès le début des années soixante, différents gouvernements européens ont organisé des campagnes de recrutement, au Maroc et en Turquie essentiellement, à la demande de l’industrie lourde.

Je suis moi-même issu de cette immigration : mon père est arrivé en Belgique au début des années 60 pour travailler dans le bâtiment. Pourtant, tout en ayant gardé de fortes attaches avec mes origines, je suis un parfait citoyen européen, habitant Bruxelles – ville cosmopolite par excellence – et parfaitement à l’aise au sein de mon identité plurielle. Parfois je souris à l’idée de symboliser à moi tout seul la magnifique devise européenne : L’unité dans la diversité.

Quant à l’immigration plus récente, et récurrente, c’est un phénomène qu’il faut traiter avant tout de manière éthique. Cela tombe bien ! Je suis persuadé, Monsieur van Rompuy, que vous avez énormément d’éthique.

L’Europe ne peut plus se penser comme une forteresse face au reste du monde. L’Europe ne peut pas davantage se permettre de faire la guerre en Afghanistan, en Iraq ou ailleurs et ensuite mettre des demandeurs d’asile issus de ces pays dans des charters en leur disant : «Circulez, y a rien à voir !».

L’immigration est nécessaire à l’Europe et, en la matière, il faut en finir avec les politiques hypocrites. Sur le blog Hexagone de Catherine Coroller, journaliste au quotidien Libération, on peut lire : « Quoi qu’en dise Nicolas Sarkozy, le gouvernement français procède régulièrement à des régularisations d’étrangers en situation irrégulière. Seulement, ce chiffre est un secret d’État. Ainsi, il ne figure pas dans le rapport annuel au Parlement du Comité interministériel de contrôle de l’immigration… ».

Une politique d’immigration pragmatique passe aussi par des relations totalement repensées avec les pays du Sud, et en particulier avec l’Afrique. Les anciens pays coloniaux ne doivent pas oublier leur dette envers ce continent qui a été pillé pendant des décennies. L’éthique toujours !

L’interculturel. La barbarie progresse partout dans le monde. Dans son Éthique, Edgar Morin écrit : « Deux terreurs se conjuguent : la terreur terroriste et le terrorisme d’État qui tendent en s’accroissant et en s’intensifiant à susciter la guerre mondiale de civilisation entre Occident et Orient islamiste. La dégénérescence éthique s’y manifeste dans l’extension et l’aggravation des manichéismes. Nous ne voyons pas encore de signes de régénération ».

L’Europe, par son essence même, ne peut être qu’interculturelle : c’est le sens même de sa devise que je rappelais plus haut. La diversité n’est pas un choix mais un fait. Il y a deux façons d’aborder cette diversité : soit par la confrontation, soit par le dialogue. Mais se contenter de diagnostiquer le caractère multiculturel de la société est une chose, et faire en sorte que cela débouche, par une politique volontariste, sur une dynamique interculturelle en tant que véritable creuset de cette diversité en est une autre.

Opter pour l’interculturel, c’est préparer l’horizon européen au dialogue et à la paix. Nous assistons en réalité à la lutte entre les intégrismes de tous bords – animés par ceux qui aspirent au conflit des civilisations – et les partisans de l’ouverture, du pluralisme, de la diversité culturelle, ceux qui aspirent à une éthique politique et qui plaident pour le dialogue des cultures, des peuples, des religions, des civilisations.

L’année européenne de l’interculturalité fut un flop complet : beaucoup de tralala mais aucun projet ambitieux et toujours cette distance savamment entretenue entre le microcosme européen et le citoyen. Bruxelles – capitale fédérale, régionale et européenne – vous le savez très bien, est une terre cosmopolite par excellence. Encore faut-il qu’on lui donne les moyens de manifester véritablement ce qu’elle est en puissance. Il s’agit peut-être ici de votre plus grand défi, Monsieur Van Rompuy.

La Turquie. Si au 19ème siècle la Turquie était considérée comme l’homme malade de l’Europe, aujourd’hui ce serait plutôt l’Europe qui serait malade de la Turquie. Nonobstant le fait que les États européens ont promis dès les années 60 que la Turquie entrerait dans l’Europe, l’adhésion de ce pays important donnera un véritable poids politique à l’Union européenne. Du statut de nain politique qui est le sien actuellement, l’Union pourrait accéder à une stature qui lui permettrait de rivaliser avec des géants tels que les USA ou la Chine. À l’heure actuelle, la Turquie tient un rôle de premier plan dans des régions du globe où se joue l’avenir de la planète. L’Europe a vocation à contribuer à une plus grande stabilité et à la paix dans le monde. Il s’agit-là de valeurs essentielles et fondatrices de l’Europe.
Le fait que la Turquie soit un pays musulman est un plus qui apporte une richesse culturelle et spirituelle qui porte l’Europe vers le haut. Vous êtes suffisamment clairvoyant, Monsieur Van Rompuy, pour savoir que l’islam fait partie des meubles en Europe, tout comme le christianisme, les Lumières et la laïcité.

Les rapports avec les pays du Sud. L’Union européenne fait de gros efforts en matière de coopération et d’aide au développement. Mais l’ampleur de la tâche implique une politique radicalement ambitieuse entre partenaires qui se respectent.

L’Union pour la Méditerranée, par exemple, ne doit pas être un machin en plus de l’Union mais une véritable machine de coopération entre des peuple situés de part et d’autres des rives de la Méditerranée qui ont en commun une culture, une histoire, un climat, une gastronomie et une mer – la mare nostrum des Romains, berceau de la civilisation, qui se meurt lentement mais sûrement.

Dans mon livre Le Coran contre l’intégrisme, j’ai montré que c’est paradoxalement l’état de droit qui, en Europe, a favorisé l’émergence et le développement de l’islam intégriste. Vous n’êtes pas sans savoir que dans notre pays, en particulier à Bruxelles, l’islam est fortement courtisé au moment des élections. Uniquement dans une optique communautariste et souvent dans ses dimensions les plus rétrogrades. Mais comme cela marche, les politiques sans aucune vision trouvent la démarche rentable et donc utile pour leur carrière personnelle. Cette politique à courte vue constitue pour le moins un appauvrissement de notre démocratie et contribue à déforcer la cohésion sociale dont notre société a tellement besoin. Dans ce domaine aussi, la coopération peut nous fournir des pistes intéressantes.

Un pays comme le Maroc, dont je suis originaire et que je connais bien, fournit énormément d’efforts pour la lutte contre le terrorisme et contre le développement de l’islam radical en prônant un islam d’apaisement, recentré sur ses fondamentaux, à savoir une pratique d’ordre spirituel et non pas une idéologie radicale exportable à l’envi. Si l’islam fait partie des meubles, ceux-ci doivent rester à la maison !

Tous ces efforts, et bien d’autres dont je ne parle pas, méritent d’être encouragés, soutenus et portés par un projet européen qui soit à la fois généreux, réaliste et pragmatique. Un projet européen qui soit aussi visionnaire, pour ne pas dire prophétique - qualificatif que vous ne renierez certainement pas -, et essentiellement éthique. C’est dire si vous avez du travail !

Bon courage, Monsieur Van Rompuy, nous sommes de tout cœur à vos côtés.

Ali DADDY

26.12.2009

Le vote suisse sur les minarets a bousculé le débat sur la laïcité en Belgique

En Belgique, la question de la laïcité est devenue tellement sensible qu'après le résultat du référendum suisse sur les minarets, plusieurs partis ont préféré reporter un débat qui s'amorçait dans les assemblées sur la nécessité d'assurer une séparation plus franche entre les communautés religieuses et l'Etat.

Une proposition de loi déposée au Sénat avait été signée par quatre partis : le PS et les écologistes francophones, les libéraux flamands et francophones. Le texte visait à assurer l'impartialité des pouvoirs publics. L'auteur de la proposition, le sénateur (PS) Philippe Mahoux, a souhaité retarder son examen afin que ses idées puissent être discutées "sereinement".

Les dispositions envisagées par M. Mahoux visent à revoir des articles de la Constitution de 1831 définissant la neutralité. Elles invitent les agents des services publics à s'abstenir de toute manifestation extérieure de nature religieuse, philosophique ou partisane. Elles indiquent qu'aucune prescription religieuse ne peut être retenue comme justification ou excuse pour une infraction pénale. Et qu'elle ne peut faire obstacle "à la pleine jouissance et au plein exercice des droits civils et politiques".

Le texte prône encore l'instauration d'un cadre purement civil pour les solennités officielles, visant, entre autres, une messe (le Te Deum) organisée le jour de la fête nationale.

Pas question de "forcer le débat", estime désormais le sénateur écologiste Marcel Cheron. Il faut assurer la neutralité de l'Etat mais aussi "le respect du droit de pratiquer son culte de façon visible", estime-t-il.

Alarmé par les commentaires de quotidiens flamands, qui affirmaient que le texte aurait pour effet d'interdire jusqu'aux croix dans les cimetières, un autre signataire, le sénateur libéral flamand Jean-Jacques De Gucht, a indiqué qu'il ne voulait pas déclencher de "tempête".

UN CADRE SEREIN

Le texte évoque le respect du principe de neutralité dans les parties communes des cimetières, où les croix seraient donc enlevées. M. De Gucht souligne qu'il s'était surtout rallié à la proposition pour protester contre le refus de certains hôpitaux catholiques d'appliquer la loi sur l'euthanasie.

Le Mouvement réformateur (libéral francophone) semble, lui, divisé, mais l'un de ses sénateurs a alimenté la polémique par un trait d'humour. "Va-t-on supprimer l'effigie, ou même le passage de saint Nicolas dans les écoles ?" a interrogé Philippe Monfils. La figure du saint catholique, dispensateur de jouets aux "enfants sages" le 6 décembre, est populaire dans le pays, mais il porte une croix...

Ainsi caricaturée, la discussion n'avait aucune chance d'aboutir. La volonté de certains Flamands de préserver le rôle protocolaire de premier plan de l'Eglise catholique, couplée au désir exprimé par des représentants francophones de ne pas alimenter les polémiques sur le voile se sont conjugués. Tous ont évoqué la nécessité de débattre dans un "cadre serein" avec les acteurs de la société civile.

Ce cadre est celui des "assises de l'interculturalité", mises en place par le gouvernement fédéral et qui abordent la question, jamais résolue depuis quinze ans, du port du foulard dans la fonction publique et les écoles.

18.11.2009

Inauguration du Cercle Judéo-Musulman Pour l'Amitié et le Dialogue à Bruxelles ce mardi 24/11/2009 à 20H

WWW.CJMAD.ORG

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20.08.2009

Foulard : en finir avec les simplismes, par Zoé Genot et Magdeleine Willame-Boonen

Zoé.JPGAlain Destexhe et Claude Demelenne ont publié une carte blanche (« Voile : où sont les progressistes ? ») dans les colonnes du Soir du 6 juillet, qui nous a laissées extrêmement perplexes quant à leur niveau d’information ou quant à leur bonne foi. Nous tenons ici à réagir à tête reposée et sans polémiquer, bien que leur texte nous ait attribué des propos que nous n’avons jamais tenus.

Par sa grandiloquence et un certain simplisme, leur discours alarmiste qui relie « l’apparition du voile dans une assemblée parlementaire » au fait que « la Belgique (serait un) laboratoire pour les militants islamistes », nous fait penser aux discours des magistrats du XIXe siècle, empêchant une femme belge Marie Popelin (elle portait une jupe !) de devenir avocate !

Nous, féministes, croyante ou laïque, sommes fatiguées de l’instrumentalisation des femmes dans le débat du voile, qui agite nombre de commentateurs se découvrant pour le coup défenseurs de la cause des femmes. Mais qu’ont-ils dit quand il s’agissait d’obtenir le paiement des pensions alimentaires pour les enfants auxquelles des centaines de femmes avaient droit ? Où les a-t-on vus demander une véritable égalité salariale ou un financement convenable des centres pour femmes victimes de violence ? Quand se sont-ils insurgés contre les économies sur le dos des petits temps partiels qui sont pour la plupart des femmes ?

Dans le débat du voile comme dans d’autres, nos critères sont égalité hommes-femmes, liberté des femmes à disposer de leur corps, à faire respecter leur droit à l’expression, à choisir leur partenaire, à avoir accès à un enseignement de qualité, à pouvoir gagner leur vie, à pouvoir se déplacer, à avoir accès aux loisirs… Et c’est en fonction de ces critères que nous examinons tous les projets concernant les femmes.

De même, nous ne voulons pas qu’il y ait de double standard quand on parle de femme et de religion : pourquoi la présence de trois hommes ministres du culte catholique et d’un du culte musulman au parlement fédéral n’a-t-elle jamais provoqué le moindre débat ? Pourquoi le parlement fédéral continue-t-il à inviter ses membres au Te Deum du 21 juillet ? Pourquoi seule la présence d’une femme voilée déclenche-t-elle les passions ? L’évocation de la séparation de l’Etat et de l’Eglise mérite de la constance et de la rigueur, pas une lecture au cas par cas.

Nous faisons nôtre le point de vue de Shirin Ebadi, militante iranienne des droits humains et Prix Nobel de la paix 2003, qui se bat en même temps contre l’obligation du port du foulard en Iran et pour le droit des femmes musulmanes vivant en Europe de le porter si elles le souhaitent. « Il faut laisser aux gens leur liberté », dit-elle. C’est aussi notre point de vue. Nous n’ignorons pas les difficultés auxquelles sont confrontés nos concitoyennes et concitoyens issus de l’immigration populaire : surreprésentation importante de personnes dans la pauvreté, accès à la santé et à un logement décent qui laisse à désirer, concentration dans des écoles mal considérées et aux résultats trop faibles, embauche à des postes très en dessous de leurs qualifications pour les diplômés… Ce terrain est sans doute favorable à une remontée importante du religieux, où de multiples trajectoires et motivations se juxtaposent : quête spirituelle ou envie de donner un sens à sa vie, pressions ou conformisme, recherche d’une identité positive, rejet d’un Occident vécu comme excluant ou impudique… Si le terrain est aussi propice au développement d’un certain islam extrémiste, certains ne voient plus que lui, au point d’en perdre la mesure. Ceux qui se préoccupent de ce danger feraient beaucoup mieux de s’intéresser aux causes sociales qui rendent ces populations tellement vulnérables. Et de se mettre vraiment à leur écoute, notamment des femmes, au lieu de partir en croisade contre elles. On ne construira pas une société émancipatrice, tolérante et attentive aux droits humains si on interdit aux femmes de prendre leur destin en main et si on s’obstine à vouloir décider pour elles. Notre défi : continuer à construire une société qui inclut, en travaillant au cas par cas, dans la philosophie des accommodements raisonnables, en dialoguant et adaptant, mais aussi en mettant les limites quand les droits demandés mettent en danger les droits des autres. Avec une ligne d’horizon : la construction d’une société émancipatrice et tolérante.

17.08.2009

Les jeunes de Bruxelles : Pauvres et « étrangers » à l’intérieur de leur propre ville, Par O. Bailly, M. Guyot, A. Mihaly et A. Ouamara





Man_-_racaille_2.jpgGare du Midi, à Bruxelles. Des voyageurs cosmopolites transitent par la capitale de l’Union européenne. Destination : Paris, Londres, Berlin, Amsterdam. A cinq cents mètres de cette agitation, Karim, Mohammed et Saïd « tiennent les murs ». Pour eux, rejoindre la Grand-Place, boire un verre dans le quartier branché des halles Saint-Géry, c’est un périple plus lointain que les destinations affichées sur le tableau électronique de la gare internationale de Bruxelles.

Ces jeunes vivent avec leurs parents dans ce centre-ville qui, depuis les années 1950, accueille les populations ouvrières et immigrées, les classes aisées préférant la périphérie avec ses belles maisons à quatre façades. Un « croissant de pauvreté » s’est ainsi étendu dans la capitale, des communes de Saint-Josse à Anderlecht en passant par Molenbeek-Saint-Jean. Ces quartiers sont notamment caractérisés par leur jeunesse. Une génération qui profite des offres culturelles, sportives, associatives d’une capitale ? Qui découvre la diversité, s’ouvre, grandit dans le cosmopolitisme, s’y émancipe ? Une récente enquête tend à démontrer le contraire.

A travers cette étude, trois groupes d’adolescents de communes différentes évoquent leur mobilité dans la ville. Pour les deux groupes issus d’un quartier aisé (Woluwe-Saint-Lambert) ou d’un quartier intermédiaire (Etterbeek), elle est assez étendue. Cours de tennis, de musique ou jeux de rôle obligent... Pour autant, cette capacité à bouger n’est pas synonyme d’autonomie. A Woluwe-Saint-Lambert, des formes d’accompagnement se mettent en place, comme les « parents-taxis », notamment pour éviter les transports en commun. « Ma mère a très peur de ce qui se passe dans le métro (...), donc elle préfère venir me chercher une fois qu’il est tard », explique Anne, 17 ans.

Pedro, musicien du même âge, qui se dit « citoyen du monde », n’hésite pas à traverser la ville pour jouer du ska, du punk, du rock. Mais, pour aller dans la Bruxelles moins aisée, son père le conduit. Il s’explique : « J’ai mon ampli et ma guitare. J’aime pas trop prendre le métro dans ce coin-là (...). Il y a un problème de criminalité qui est très présent à Bruxelles, surtout dans les transports en commun. » Le métro passe pour un des plus sûrs du monde, mais qu’importe : l’adolescent a peur. « C’est une ville où il faut faire gaffe. Il y a de la racaille dans la rue qui fout mal à l’aise. » Et de préciser : « C’est vrai que la criminalité, pour moi, en fait, c’est quand je sors et que je vois les Arabes. »

Que Pedro se rassure : la « racaille » est engluée dans son quartier. A Cureghem, dans la commune d’Anderlecht, à un kilomètre de la Grand-Place, les jeunes regardent la capitale cosmopolite de (très) loin. Le quotidien d’Abdel, 16 ans, s’écrase sur les murs du quartier. « Je vais à l’école, je reviens. A 8 heures, je pars et je finis à 16 heures. Je rentre direct, je mange et je ressors et [mes copains] sont dehors (...). Je les vois et voilà. » Et le reste de Bruxelles ? Découvrir de beaux coins, le grand parc de la Cambre ? « C’est rare. On reste à Anderlecht, c’est comme ça pour tous ceux du quartier. »

Ahmed, 17 ans, résume sa connaissance spatiale de la ville : « Ce que je connais bien, c’est là où j’ai grandi. Ce que je connais pas, c’est... toutes les autres communes. » A quoi bon bouger ? Pour Ahmed, ce n’est pas la peine : « Ça me fait ni chaud ni froid de connaître un autre quartier. » Pourtant, selon le sociologue Zygmunt Bauman, la mobilité est devenue un facteur essentiel de stratification sociale : « La liberté globale de mouvement est synonyme de promotion sociale, de progrès et de succès, alors que l’immobilité distille la puanteur de la défaite, de la vie ratée, de l’abandon à un triste sort.  » Rude constat...

Ce qui caractérise ces milieux moins favorisés ? Saïd, 17 ans, revendique le côté « très familial » de son quartier : « Tout le monde se connaît. » De fait, dans ces espaces urbains délaissés, le réseau social contrôle la sphère publique. Les jeunes peuvent y évoluer sous le regard des « grands frères ». Hicham se sent « libre dans [son] quartier. Les grands, c’est comme nos frères, ils nous apprennent des choses, comme par exemple que ne pas fumer, c’est mieux pour notre santé ».

A l’autre extrémité de la ville, on déclare aussi son attachement au coin et on souligne la proximité entre les habitants. « Ma mère est fort amie avec les voisins, précise Elisabeth, 16 ans. Je jouais avec beaucoup d’enfants et donc, de ce fait, ma mère connaissait les parents des autres enfants. Elle a en plus travaillé dans une épicerie du quartier, donc elle connaissait des gens. » Quant à Guillaume, 18 ans, il affirme ne pas souvent se rendre dans les « communes opposées » car il a « un monde assez ouvert à Woluwe... ».

Au cloisonnement physique des Anderlechtois vient s’ajouter un cloisonnement de leurs activités. Les adolescents du quartier aisé de Woluwe-Saint-Lambert citent quarante et un hobbies, dont vingt-deux culturels. Théâtre et musique en tête de liste. A Anderlecht, la liste ne comprend que vingt-six activités, dont... deux culturelles. Piscine, foot ou encore pause au snack se taillent la part du lion. Et c’est dans la rue ou au parc qu’on joue au ballon rond, pas en club. L’activité préférée, c’est celle qui se trouve à portée de main.

L’orientation scolaire est, elle aussi, conditionnée par la quête de la proximité. Les chercheurs Andrea Rea et Dirk Jacobs remettent en cause la liberté de choix de l’école : « En professionnel et technique, les élèves ont tendance à choisir leur formation en fonction non pas de leur envie, mais des offres de l’école proche de chez eux. La mobilité est plus grande dans les sections “générales”. Donc, même dans des choix ouverts, il existe de fortes clôtures sociales de l’utilisation spatiale . »

Ces mobilités différentes se reproduisent dans l’imaginaire. Se projetant dans l’avenir, trois ados de la commune aisée de Woluwe se verraient bien rester dans leur quartier une fois adultes. Mais d’autres s’imaginent « à Londres, à New York ou au Pérou ». Comme le souligne Jean, 19 ans : « Si je restais à Bruxelles, j’aurais l’impression de ne pas avoir évolué. » Vivre dans une ville importante lui donne l’impression « d’être quelque part et donc d’être quelqu’un ».

Si les jeunes Anderlechtois valorisent leur quartier, ils ne veulent pas y rester une fois devenus parents. Ils se voient alors bouger. Certes pas loin, mais tout de même en quittant la zone. Ils citent une campagne difficilement localisable ou Bruxelles. Mais ils mentionnent surtout les lieux où ils ne veulent pas vivre : « Chez les Flamands. »

Dans les quartiers « délaissés », la vie en communauté semble plus imposée que choisie. Grandir auprès des siens et s’y sentir bien n’est évidemment pas négatif. Mais, poussée à l’extrême, cette logique fournit aux jeunes une palette d’identités extrêmement réduite, et les rend incapables de rencontrer un milieu autre que le leur.

Arpenter certains espaces
choisis équivaut à marquer
la distance entre son groupe
social et les autres






Reda est sorti de son quartier via son boulot. La première fois qu’il est allé boire un verre dans un endroit branché de Bruxelles, il a eu l’impression de « trahir [son] quartier »... d’autant qu’il lui fallait laisser son accent au vestiaire. Quant à Marouane, 19 ans, il n’a pas encore franchi ce cap. « Je vais parfois avenue Louise ou en ville quand je dois acheter quelque chose. J’y suis un peu intimidé parce qu’il n’y a que des magasins chics. » Abdel avoue se sentir mal quand il quitte son quartier. « Si j’y reste, je me dis que je peux faire ce que je veux. Mais si je suis dans un autre quartier, je fais un truc, je suis mort. Je peux pas savoir comment faire. » Dans la rue commerçante par excellence de Bruxelles, Abdel devient rouge et transpire. S’y rendre seul ? « Impossible. »

Cette difficulté à vivre dans d’autres lieux que « le leur » s’expliquerait par un déficit de capital social et culturel, bien plus qu’économique. « Tous les espaces d’une société sont hiérarchisés, précise la sociologue Julie Cailliez, en se référant à Pierre Bourdieu. Ils sont le reflet des distances sociales et des inégalités entre les groupes sociaux qui composent la ville. (...) L’espace urbain fréquenté, approprié, remplit une fonction de distinction sociale. Arpenter certains espaces plutôt que d’autres équivaut à marquer la distance, la différence entre son propre groupe social et les autres. »

Or, les jeunes d’Anderlecht ne disposent pas de manières d’être suffisamment variées pour fréquenter « l’autre ». Leur référentiel se limite à un seul univers géographique, mais aussi et surtout à un seul univers d’alimentation, d’activités extrascolaires, de musique, etc. Non seulement ce manque d’identités cloisonne les individus, mais il peut également participer à la construction de fantasmes et de rumeurs sur « l’autre ».

Créateur d’un projet de tutorat entre élèves de l’Université libre de Bruxelles et jeunes en difficulté scolaire, le sociologue Ahmed Medhoune témoigne de l’importance des rencontres dans son propre parcours, avec notamment des cours artistiques à l’Académie royale des beaux-arts. « Ce lieu et ces moments après les cours m’ont permis de vivre des expériences très fortes avec des gens que je ne côtoyais pas ordinairement — ni mon milieu ni mon école ne me le permettaient. Un mélange des âges, un mélange des milieux sociaux, et aussi, bien entendu, l’accès au cœur de la culture la plus valorisée de la société francophone. »

Pour faire face à une Bruxelles de plus en plus ségréguée, des politiques sociales ont été mises en place. Mais leurs mesures se fondent notamment sur un financement « par communes fragilisées ». C’est d’ailleurs encore le cas avec la politique de cohésion s’inscrivant dans une dynamique de quartiers « sélectionnés sur la base des difficultés sociales rencontrées par leur population ». Dans les années 1990 déjà, les politiques sécuritaires optaient pour une approche territoriale. Avec cette lecture sociale, les habitants des quartiers ciblés se retrouvent encore un peu plus stigmatisés, et les enjeux de société réduits à une question géographique.

Autre pièce à charge contre ce mode de financement : les jeunes de la commune aisée de Woluwe n’auraient donc pas à se soucier de cohésion sociale, avant tout affaire de pauvres. « Cette demande d’ouverture et d’adaptation s’adresse rarement à la “culture dominante”. Or les associations estiment le plus souvent que l’effort est à faire des deux côtés, dans un objectif de dialogue... » Non seulement le repli adolescent concerne tous les jeunes, mais la « fuite des riches » participe à l’élargissement du fossé social.

La demande
d’ouverture et d’adaptation
s’adresse rarement
à la « culture dominante »






Ce constat ne dispense cependant pas de tout tenter pour décloisonner les univers et les imaginaires des jeunes. Les ados d’origine arabe ne sont pas condamnés au « mini-foot », et les jeunes de Woluwe ne s’adonnent pas inévitablement au scoutisme. Le sociologue Eric Maurin identifie un autre remède simple : « La principale limite des politiques ciblées sur des territoires particuliers ne tient pas au principe du ciblage, mais au fait même d’avoir des territoires pour cibles. Cela ne condamne en rien l’idée qu’il faille “donner plus à ceux qui ont moins”, mais oblige à la déplacer. La déplacer à quel niveau ? La réponse la plus simple reste la plus prometteuse : au niveau des individus. »

Comme la plupart des jeunes le soulignent spontanément dans l’étude en faisant écho à l’expérience du professeur Medhoune, la rencontre entre habitants de tous quartiers peut enrayer les replis sociaux et territoriaux. Déconstruisant l’imaginaire, elle démystifie, confronte chacun à ses stéréotypes. En attendant, comme le jeune Ahmed le constate amèrement : « En tout cas, on ne vit pas là-bas, on vit ici. »

09.08.2009

La Belgique interdira-t-elle les réunions racistes et néonazies ?

1-SKIN-CAMUS.jpgLa famille sociale-démocrate belge (cdH & cd&v) a proposé au parlement de se doter d’une loi permettant à notre pays d’interdire les réunions racistes et néonazies.

« Ces derniers mois, notre pays risque de devenir un pôle d’attraction pour les groupes racistes et néonazis qui souhaitent organiser des réunions… » C’est par ce premier paragraphe alarmiste que le groupe composé de quelques députés cdH & cd&v a présenté une proposition de loi sévère à l’égard des groupes néonazies et racistes.

Cette proposition de loi arrive à point nommé, le risque de réunions néonazis et de concerts réunissant des sympathisants du national-socialisme n’a jamais été aussi grand.

Force est de constater que les pouvoirs exécutif et judicaire n’ont pas de cadre juridique précis leurs permettant d’intervenir directement lorsque des réunions de ce type sont dénoncées.

La conséquence de cette loi sera sans doute le départ de ces groupuscules en terre fertile, c'est-à-dire chez nos voisins français. En effet, de nombreuses réunions qui devaient se dérouler en Wallonie ont déjà commencé à camper en France – aucune législation n’étant prévue – et plus précisément dans la région de la Lorraine.

Saluons donc cette proposition de loi, accessible d’ailleurs aisément sur le portail web de la Chambre des Représentants de Belgique. (lachambre.be)

28.07.2009

30% des jeunes internautes flamands ont déjà reçu une question d'ordre sexuelle via une conversation en ligne !

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Une étudiante de la K.U.L. (Katholieke Universiteit Leuven), Jana Nauwelaerts  a réalisée une étude auprès d'un millier de jeunes de 15 à 18 ans habitant en Flandre. concernant l'utilisation des chats en ligne (MSN, SKYPE, FACEBOOK...) auprès des jeunes internautes flamands. Les conclusions sont alarmantes : Près de 3 jeunes sur 10 ont déjà reçu une question à connotation sexuelle via ce genre de chat. Dans 9 cas sur 10, il s’agissait d’une proposition d’acte sexuel.

Une majorité (64%) chattent souvent avec des inconnus, et 39% avec des inconnus plus âgés.

L’enquête révèle aussi que les jeunes sont confrontés à différents environnements sur le net. 7 jeunes sur 10 ont déjà été confronté au porno, 4 sur 10 au racisme, 1 sur 2 à la violence et 2 sur 10 au suicide. Dans la plupart des cas, ces contacts sont cependant involontaires.

L’auteure du mémoire plaide pour une plus grande attention des parents envers les comportements de leurs enfants sur internet.

23.07.2009

Mauvaise stratégie flamande, par David Cha (belgium4fever)

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La note du nouveau gouvernement flamand ne laisse planer aucun doute, Bruxelles et sa périphérie sont dans la ligne de mire des flamandisators. Etrange, cette volonté absurde de vouloir flamandiser par la coercition ou l'argent.

Le gouvernement Peeters Ier a essayé, à travers divers absurdités dont la non-nomination des trois bourgmestres, de bien faire comprendre au monde, que les communes contournant Bruxelles font partie de leur territoire. Campagnes de pub, avantages fiscaux et autres mesures discriminatoires ont été inventées dans ce but. Le gouvernement flamand a fait en sorte que les néerlandophones de Bruxelles soient traités comme des Rois. Peeters II enfonce le clou, et donne encore plus de moyens à ces nantis. Est-ce vraiment une bonne stratégie pour flamandiser Bruxelles ? La (toute) petite minorité de flamands de la capitale se réduit encore, et les francophones présents refusent de se transformer en "Vlamigen van Brussel", et on les comprend. Ils ne se reconnaissent pas dans cette vision communautariste de la chose, et c'est bien normal.

Je suis certain que beaucoup de francophones souhaitent apprendre le néerlandais, mais veulent-ils pour autant faire partie de cette nation flamande qui les méprise ? Comment demander à un
périphérien de devenir flamand après ces les déclarations du ministre de l'intérieur régional et les victoires électorales de la N-VA ? La stratégie flamande est trop nationaliste, trop communautariste. Ils ont, à travers le fédéralisme qu'ils promeuvent, lié le "néerlandais" avec la "Flandre" d'une telle manière qu'aujourd'hui, un francophone qui se voit proposer d'apprendre cette langue, qui lui apporterait de nombreux avantages, se posent la question de savoir si il ne trahit pas sa communauté, si il ne passe pas de l'autre côté

La seule manière pour le gouvernement flamand de donner envie aux francophones de Bruxelles, et d'ailleurs, d'apprendre la langue de Vondel est de changer totalement de stratégie. Déterritorialiser le néerlandais, abandonner cette idée folle d'une nation fermée et homogène. Promouvoir le néerlandais d'une façon positive, envoyer des professeurs flamands dans les écoles francophones, dispenser des cours gratuits, créer des médias sympathiques et trans-régionaux et surtout, abandonner ces lions qui fleurissent partout dès qu'on s'intéresse un peu à la chose.

Retrouvez les humeurs de David sur son blog, http://belgium4ever.over-blog.com/

Des critères clairs de régularisation : une avancée positive basé sur une pirouette lexicale.

 

sanspaps.jpgLes nombreux détracteurs doutaient encore qu’un « compromis à la belge » soit possible dans ce pays en crise politique auquel s’est ajouté une crise économique d’une ampleur inégalée.
Le remaniement du gouvernement belge a répondu de la meilleure manière en trouvant une solution, insatisfaisante pour certains, adéquate pour d’autres, dans le dossier des régularisations.  

Apparemment lorsqu’il ne s’agit pas de réforme institutionnelle, nos représentants sont encore capables de trouver un compromis permettant une sortie de crise et une reprise sereine des politiques à mener.

Désormais ne parlez pas de circulaire, vous risquez de froisser nos amis du nord.  Parler plutôt d’instruction, ou plutôt "instruction relative à l’application de l’article 9 bis de la loi sur les étrangers" cela est sans doute plus jolie mais surtout plus acceptable pour la mise en place de critères clairs et précis qui visera à régulariser des citoyens ayant un ancrage solide dans ce pays.

Procédure de longue durée

Une autorisation de séjour pourra être accordée aux étrangers engagés dans une procédure déraisonnablement longue de 3 ans (familles avec enfants scolarisés) ou de 4 ans (isolés, autres familles). Il s’agit d’une procédure devant l’Office des étrangers (OE), le CGRA, le Conseil du contentieux des étrangers (CCE) ou l’ex-Commission permanente de recours des réfugiés (entretemps supprimée).

En comptant la procédure devant le Conseil d’Etat (demande d’asile) et/ou une demande de régularisation de séjour suite à la procédure d’asile (devant l’Office des étrangers), les délais sont portés à 4 ans pour les familles, et 5 ans pour les autres. Dans ce cas-ci, la demande devant le Conseil d’Etat ou l’OE doit avoir été introduite avant le 18 mars 2008.

Situations humanitaires urgentes

Le ministre peut aussi régulariser les personnes sur base de situations humanitaires urgentes.

Notamment :

- Le parent d’un enfant mineur belge ou européen (s’il vit avec lui),

- Les étrangers qui ont perdu leur droit au séjour suite à un retour dans le pays d’origine mais qui avaient été admis à un séjour illimité lorsqu’ils étaient mineurs, ou qui touchent une pension en Belgique

- Certaines familles exclues du droit au regroupement familial

Peuvent aussi entrer en compte, si elles ont introduit leur demande avant le 1er juin 2007, les familles avec enfants scolarisés justifiant d’un séjour ininterrompu depuis 5 ans, et dont la procédure d’asile a au moins duré un an.

Ancrage local durable

L’instruction reprend aussi des critères d’ancrage local durable. Ces critères ne seront repris que pour les demandes de régularisation introduites entre le 15 septembre et le 15 décembre 2009.

Entrent en considération :

- les étrangers vivant depuis 5 ans en Belgique et justifiant d’un séjour légal (permis de séjour, visa touristique...) avant le 18 mars 2008, ou qui avaient tenté d’obtenir un séjour légal avant le 18 mars 2008

- l’étranger qui séjourne en Belgique depuis le 31 mars 2007 et qui peut produire la copie d’un contrat de travail soit à durée déterminée d’un an, soit à durée indéterminée. Dans ce cas-ci, l’autorisation de séjour ne sera accordée que pour 1 an, renouvelable.

Il sera aussi tenu compte d’autres éléments comme les liens sociaux tissés en Belgique, la connaissance d’une des langues nationales ou le passé professionnel.

Bonne nouvelle, même si le combat n’est pas encore terminé pour le respect de la dignité humaine.

13.07.2009

E-mails en chaîne racistes : typiquement belge ?

racisme.gifEn 2008, le CECLR a reçu 430 signalements concernant des propos haineux sur internet. C’est 25% de plus que l’année précédente.


Le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme a remis ce mercredi son rapport annuel "Discrimination / Diversité". En 2008, le Centre a reçu 2.207 signalements.

Les plaintes concernaient d’abord le secteur emploi (plus d’un signalement sur cinq). Certains stéréotypes liés à l’âge ou au handicap ont la vie dure, estime le Centre.

 
E-mails en chaîne

Le deuxième grand secteur concerne internet (20% des plaintes). Un signalement sur trois concernait des e-mails en chaîne qui incitaient à la violence, à la haine ou à la discrimination.

C’est presque toujours la communauté musulmane belge ou européenne qui fait l’objet de ces messages. Tantôt ceux-ci traitent d’un imam fictif, Bouziane, qui profiterait des allocations sociales dans notre pays, tantôt il s’agirait d’un récit mensonger sur une bande de jeunes marocains qui violeraient ou mutileraient des jeunes filles en Belgique. Le centre note qu’il y a relativement beaucoup plus d’e-mails en chaîne racistes et xénophobes qui circulent en Belgique que dans d’autres pays européens.

Un autre tiers des signalements concernaient les sites de réseaux sociaux, les blogs et des forums de discussion comme Netlog, Skynet, Facebook ou Youtube.

 
Islamophobie

Un chapitre est consacré à l’islamophobie, qui revient souvent à l’avant-plan dans l’actualité et fait l’objet de débats. "La liberté de critiquer l’islam, au même titre que n’importe quelle religion ou idéologie, doit être assurée. (...) Mais il ne faudrait pas confondre critique virulente et les propos qui, sous couvert d’une critique de l’islam, alimentent une haine envers des personnes dites musulmanes", indique le directeur du centre Edouard Delruelle.

 

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