20.01.2010
Réformer l'islam, une nécessité ?
A l’heure du terrorisme islamique, des attentats suicides et de la propagation de la haine anti-occidentale, quel sera l’avenir des relations entre Islam et Occident ? Allons-nous vers une confrontation généralisée entre le monde occidental civilisé et les franges arriérées de l’Islam politique ? Nous aurions tort de rejeter cette perspective : à l’aube d’une prolifération anarchique des armes nucléaires, rien ne pourra empêcher un groupe terroriste de lancer une attaque apocalyptique contre plusieurs villes américaines et européennes simultanément. Tout est une question de temps : déjà des savants pakistanais transmettent des informations stratégiques à leurs collègues iraniens, et rien n’interdit de penser que plusieurs spécialistes nucléaires collaborent déjà avec des groupuscules terroristes. Les 50 millions de morts de la seconde guerre mondiale risqueront de devenir dérisoires face à l’apocalypse nucléaire que nous réserve l’avenir. Les musulmans seront d’ailleurs les premières victimes de ce premier et dernier génocide anti-occidental de l’Histoire : si les islamistes algériens rêvent de transformer Paris en un immense brasier ardent, ils rêvent également d’exterminer tous ces traîtres algériens qui pactisent, à leurs yeux, avec l’Occident impie.
Pour une analyse profonde l’idéologie musulmane
Nos politiques occidentaux croient qu’il suffit de résoudre les symptômes politiques et non les causes idéologiques de cette haine criminelle contre l’Occident. Ils entretiennent des régimes despotiques, en Tunisie, en Egypte, au Pakistan et ailleurs qui aggravent le déficit démocratique dont souffre la jeunesse arabo-musulmane. En particulier la famille Bush est pleinement responsable du maintien au pouvoir du wahhabisme saoudien, cette secte rétrograde et barbare dont est idéologiquement issu Ben Laden. Notre attitude aveugle consiste à détourner pudiquement le regard, respect des cultures différentes oblige, sur les raisons véritables à l’idéologie de la guerre sainte, et à préférer une lecture superficielle sur une analyse profonde de la pensée musulmane. Combien de fois avons-nous entendu des intellectuels issus de la génération 68 prétendre que « seule la pauvreté est responsable de l’intégrisme » ? Faut-il leur rappeler que les terroristes du 11 septembre 2001 étaient au contraire des individus instruits, bien éduqués et appartenant à des milieux sociaux relativement aisés ? Faut-il leur rappeler que l’islamisme radical se porte beaucoup mieux en Arabie Saoudite, pays relativement prospère, qu’en Maurétanie et au Sénégal, parmi les plus pauvres au monde ?
Après que l’Allemagne nazie eut commis les crimes qu’on connaît, toute la société allemande a réalisé son « mea culpa » et a cherché à comprendre ce qui, dans la culture et la pensée collective nationale, aurait pu conduire à l’acceptation odieuse de la Shoah. A l’inverse, après les attentats du 11 septembre, rares furent les imans éclairés qui commencèrent à douter de l’interprétation du Coran chez leurs ouailles, et les quelques intellectuels musulmans courageux qui osèrent établir un lien entre Islam et islamisme furent vite réduits au silence. Pour preuve de cette absence totale de remords et d’esprit critique, les autorités religieuses égyptiennes tolèrent encore de violent prêches anti-américains à l’intérieur de la grande mosquée du Caire. Or que dirait-on si le cardinal Lustiger laissait des intégristes catholiques hurler leur haine des Juifs et des mécréants, porte-voix aidant, au sein même de la cathédrale de Paris durant un office ? Eh bien ce qui est scandaleux en Occident paraît normal en Orient. Cette différence flagrante de mentalité montre bien que la pieuvre de l’islamisme trouve son explication au plus profond de la pensée collective musulmane, et que la violence, le terrorisme, l’intolérance, la haine islamistes relèvent d’une maladie consubstantielle à l’Islam.
Réformer l’Islam, la seule antidote à l’islamisme
Car que l’on veuille ou non, les concepts odieux de « guerre sainte », de « lutte contre les infidèles », de « meurtre contre les incroyants », se trouvent précisément inscrits noir sur blanc dans le Coran. On peut reprocher tout ce qu’on veut aux terroristes islamistes, mais pas de ne pas savoir lire : « Faites la guerre contre les gens du Livre qui […] n’acceptent pas la religion d’Islam » (s 9, v.29), car « ceux qui suivent Mohamed sont impitoyables pour les incrédules » (s.48, v.29)… « Les juifs et les chrétiens […] sont les plus vils de toutes les créatures » (s.98, v.51), autant de leitmotivs coraniques ressassés par les islamistes frustrés et abrutis par leur religion guerrière. Que l’on veuille ou non, la première lecture de l’Islam en donne une l'image d'une religion politique qui se sert de la guerre pour étendre au monde sa bonne parole monothéiste : « Si tu n’arrives pas à les convaincre par la persuasion, convainc-les par les armes » lit-on dans le 9ième sourate.
Les textes sacrés de l’Islam, Coran et Hadîts, présentent donc une dangerosité intrinsèque qu’il faut combattre si nous voulons terrasser la bête immonde de l’islamisme. Mais comment faire ? En attaquant les musulmans de front pour extirper – de gré ou de force – leur croyance absurde de leurs esprits insensés ? Ce serait se conduire exactement comme les terroristes islamistes que nous dénonçons pourtant. Alors envoyer des missionnaires chrétiens en terre d’Islam pour convertir massivement les musulmans à une foi plus douce, réconciliant ainsi Occident et Orient ? Il faudrait être bien naïf pour croire un instant que les musulmans vont renoncer à leur propre identité pour adhérer spontanément à une religion symbole de l’Occident méprisé. Alors donner le temps au temps en espérant que le progrès économique, le renouveau démocratique, l’émergence de classes moyennes instruites contribuent à la victoire progressive de la sécularisation sur l’imprégnation étouffante de la religion ? C’est l’objectif secret des démocrates occidentaux. Hélas, il semble pourtant que cette dernière stratégie, en dépit de l’intérêt qu’elle semble présenter, montre de sérieuses limites.
En effet, la nature humaine fait qu’il est impossible que l’Homme puisse se passer de religion, ou du moins de spiritualité. L’expérience communiste le démontre clairement : ni la destruction des Eglises et des Temples, ni l’athéisme officiel n’ont réussi à éradiquer le Christianisme de Pologne ou de Russie, bien au contraire. Là aussi, que l’on veuille ou non, les « musulmans actuels » ont besoin de croire en quelque chose.
Dans ces conditions, il faut laisser les musulmans croire en Allah, le Dieu unique, mais influer de manière décisive sur la conception de leur foi autrefois grossière et guerrière afin qu'elle se mue en spiritualité positive pour l’Humanité entière. En d’autres termes, il faut entreprendre la réforme théologique de l’Islam, exactement comme Martin Luther initia la réforme du Christianisme après l’abus des « Indulgences » au XVIième siècle.
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17.01.2010
Lettre ouverte au Président Herman Van Rompuy, par Ali Daddy
Monsieur Van Rompuy, un commentaire sur notre blog Reflets vous décrit comme un homme ayant le « sourire fin du Bouddha ». C’est de bon augure pour l’immense tâche qui vous attend. L’avantage lorsque l’on inaugure une fonction, c’est que tout est ouvert et donc possible.
Pour ma part j’insisterais d’abord sur la nécessité de rendre l’Europe accessible aux citoyens. Même pour nous qui habitons Bruxelles, sa capitale, l’Europe est un «grand machin» carrément opaque et totalement inaccessible.
Il y a quelques années, lorsque j’étais jeune étudiant en journalisme à l’ULB, j’avais décidé d’écrire une lettre à Jacques Delors, alors président de la Commission européenne. J’avais été sensible à la fois à son style et à la campagne de sensibilisation des citoyens à l’Europe qu’il avait lancée. Plusieurs mois passèrent sans que je ne reçoive la moindre réponse malgré de multiples démarches.
Alors que le bureau du président Jacques Delors était situé à moins de deux kilomètres de mon domicile de l’époque, je dus passer via Paris et Jack Lang, alors ministre de la Culture de François Mitterrand, pour avoir un retour de courrier du cabinet Delors. Vous me direz que cela ne date pas d’hier, certes, mais les choses n’ont guère changé et ont même plutôt empiré. Les institutions européennes restent un bunker. C’est en tous cas à vous qu’il incombe de nous prouver le contraire.
L’immigration ensuite. Vaste chantier. Pour ce qui est de l’immigration que l’on pourrait qualifier de plus ancienne, il est toujours utile de rappeler que si elle existe, c’est pour des raisons historiques et économiques. Tout d’abord, beaucoup d’étrangers sont venus se battre contre l’armée allemande et donner leur vie pour libérer l’Europe du fascisme. Ensuite, dès le début des années soixante, différents gouvernements européens ont organisé des campagnes de recrutement, au Maroc et en Turquie essentiellement, à la demande de l’industrie lourde.
Je suis moi-même issu de cette immigration : mon père est arrivé en Belgique au début des années 60 pour travailler dans le bâtiment. Pourtant, tout en ayant gardé de fortes attaches avec mes origines, je suis un parfait citoyen européen, habitant Bruxelles – ville cosmopolite par excellence – et parfaitement à l’aise au sein de mon identité plurielle. Parfois je souris à l’idée de symboliser à moi tout seul la magnifique devise européenne : L’unité dans la diversité.
Quant à l’immigration plus récente, et récurrente, c’est un phénomène qu’il faut traiter avant tout de manière éthique. Cela tombe bien ! Je suis persuadé, Monsieur van Rompuy, que vous avez énormément d’éthique.
L’Europe ne peut plus se penser comme une forteresse face au reste du monde. L’Europe ne peut pas davantage se permettre de faire la guerre en Afghanistan, en Iraq ou ailleurs et ensuite mettre des demandeurs d’asile issus de ces pays dans des charters en leur disant : «Circulez, y a rien à voir !».
L’immigration est nécessaire à l’Europe et, en la matière, il faut en finir avec les politiques hypocrites. Sur le blog Hexagone de Catherine Coroller, journaliste au quotidien Libération, on peut lire : « Quoi qu’en dise Nicolas Sarkozy, le gouvernement français procède régulièrement à des régularisations d’étrangers en situation irrégulière. Seulement, ce chiffre est un secret d’État. Ainsi, il ne figure pas dans le rapport annuel au Parlement du Comité interministériel de contrôle de l’immigration… ».
Une politique d’immigration pragmatique passe aussi par des relations totalement repensées avec les pays du Sud, et en particulier avec l’Afrique. Les anciens pays coloniaux ne doivent pas oublier leur dette envers ce continent qui a été pillé pendant des décennies. L’éthique toujours !
L’interculturel. La barbarie progresse partout dans le monde. Dans son Éthique, Edgar Morin écrit : « Deux terreurs se conjuguent : la terreur terroriste et le terrorisme d’État qui tendent en s’accroissant et en s’intensifiant à susciter la guerre mondiale de civilisation entre Occident et Orient islamiste. La dégénérescence éthique s’y manifeste dans l’extension et l’aggravation des manichéismes. Nous ne voyons pas encore de signes de régénération ».
L’Europe, par son essence même, ne peut être qu’interculturelle : c’est le sens même de sa devise que je rappelais plus haut. La diversité n’est pas un choix mais un fait. Il y a deux façons d’aborder cette diversité : soit par la confrontation, soit par le dialogue. Mais se contenter de diagnostiquer le caractère multiculturel de la société est une chose, et faire en sorte que cela débouche, par une politique volontariste, sur une dynamique interculturelle en tant que véritable creuset de cette diversité en est une autre.
Opter pour l’interculturel, c’est préparer l’horizon européen au dialogue et à la paix. Nous assistons en réalité à la lutte entre les intégrismes de tous bords – animés par ceux qui aspirent au conflit des civilisations – et les partisans de l’ouverture, du pluralisme, de la diversité culturelle, ceux qui aspirent à une éthique politique et qui plaident pour le dialogue des cultures, des peuples, des religions, des civilisations.
L’année européenne de l’interculturalité fut un flop complet : beaucoup de tralala mais aucun projet ambitieux et toujours cette distance savamment entretenue entre le microcosme européen et le citoyen. Bruxelles – capitale fédérale, régionale et européenne – vous le savez très bien, est une terre cosmopolite par excellence. Encore faut-il qu’on lui donne les moyens de manifester véritablement ce qu’elle est en puissance. Il s’agit peut-être ici de votre plus grand défi, Monsieur Van Rompuy.
La Turquie. Si au 19ème siècle la Turquie était considérée comme l’homme malade de l’Europe, aujourd’hui ce serait plutôt l’Europe qui serait malade de la Turquie. Nonobstant le fait que les États européens ont promis dès les années 60 que la Turquie entrerait dans l’Europe, l’adhésion de ce pays important donnera un véritable poids politique à l’Union européenne. Du statut de nain politique qui est le sien actuellement, l’Union pourrait accéder à une stature qui lui permettrait de rivaliser avec des géants tels que les USA ou la Chine. À l’heure actuelle, la Turquie tient un rôle de premier plan dans des régions du globe où se joue l’avenir de la planète. L’Europe a vocation à contribuer à une plus grande stabilité et à la paix dans le monde. Il s’agit-là de valeurs essentielles et fondatrices de l’Europe.
Le fait que la Turquie soit un pays musulman est un plus qui apporte une richesse culturelle et spirituelle qui porte l’Europe vers le haut. Vous êtes suffisamment clairvoyant, Monsieur Van Rompuy, pour savoir que l’islam fait partie des meubles en Europe, tout comme le christianisme, les Lumières et la laïcité.
Les rapports avec les pays du Sud. L’Union européenne fait de gros efforts en matière de coopération et d’aide au développement. Mais l’ampleur de la tâche implique une politique radicalement ambitieuse entre partenaires qui se respectent.
L’Union pour la Méditerranée, par exemple, ne doit pas être un machin en plus de l’Union mais une véritable machine de coopération entre des peuple situés de part et d’autres des rives de la Méditerranée qui ont en commun une culture, une histoire, un climat, une gastronomie et une mer – la mare nostrum des Romains, berceau de la civilisation, qui se meurt lentement mais sûrement.
Dans mon livre Le Coran contre l’intégrisme, j’ai montré que c’est paradoxalement l’état de droit qui, en Europe, a favorisé l’émergence et le développement de l’islam intégriste. Vous n’êtes pas sans savoir que dans notre pays, en particulier à Bruxelles, l’islam est fortement courtisé au moment des élections. Uniquement dans une optique communautariste et souvent dans ses dimensions les plus rétrogrades. Mais comme cela marche, les politiques sans aucune vision trouvent la démarche rentable et donc utile pour leur carrière personnelle. Cette politique à courte vue constitue pour le moins un appauvrissement de notre démocratie et contribue à déforcer la cohésion sociale dont notre société a tellement besoin. Dans ce domaine aussi, la coopération peut nous fournir des pistes intéressantes.
Un pays comme le Maroc, dont je suis originaire et que je connais bien, fournit énormément d’efforts pour la lutte contre le terrorisme et contre le développement de l’islam radical en prônant un islam d’apaisement, recentré sur ses fondamentaux, à savoir une pratique d’ordre spirituel et non pas une idéologie radicale exportable à l’envi. Si l’islam fait partie des meubles, ceux-ci doivent rester à la maison !
Tous ces efforts, et bien d’autres dont je ne parle pas, méritent d’être encouragés, soutenus et portés par un projet européen qui soit à la fois généreux, réaliste et pragmatique. Un projet européen qui soit aussi visionnaire, pour ne pas dire prophétique - qualificatif que vous ne renierez certainement pas -, et essentiellement éthique. C’est dire si vous avez du travail !
Bon courage, Monsieur Van Rompuy, nous sommes de tout cœur à vos côtés.
Ali DADDY
14:11 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : reflet, herman van rompuy, belgique, bruxelles, islam, lettre ouverte
Camus étranger au monde arabe, par Abdessalam Benabdelali
Cinquante ans après sa mort, Albert Camus est toujours loin de faire l'unanimité dans le monde arabe. Le quotidien panarabe Al-Hayat refuse ainsi de le placer au panthéon de la littérature mondiale.
On ne peut qu'être irrité par la proposition du gouvernement français de transférer les cendres d'Albert Camus au Panthéon [avancée par Nicolas Sarkozy le 19 novembre 2009, elle se heurte à l'opposition des héritiers de l'écrivain]. Il s'agit d'une tentative de récupération du cadavre de l'auteur de La Chute, et cela malgré le refus que celui-ci avait manifesté de son vivant de toute appartenance politique ou idéologique. L'auteur du Malentendu inspirait des sentiments mitigés à tout le monde, à gauche comme à droite, aux Arabes comme aux Européens, aux Français comme aux Algériens. Car les positions de l'auteur de L'Etranger - ce personnage qui considère l'existence comme dépourvue de sens et ne perçoit pas de différence entre la tristesse et la joie, ni entre la vie et la mort - n'étaient pas exemptes de toute ambiguïté, bien au contraire.
En ce qui nous concerne, nous autres Arabes, impossible de ne pas partager la joie de vivre, toute méditerranéenne, de l'auteur des Noces, de ne pas admirer sa vigilance, de ne pas adhérer à sa défense sans relâche des pauvres et des opprimés. Il n'en reste pas moins que nous ne pouvions pas non plus fermer les yeux sur le fait que l'auteur de La Peste décrive la ville d'Oran comme si aucun Arabe n'y habitait, ou que Meursault, le "héros" de L'Etranger, tire des coups de feu sur un Arabe à la plage "à cause du soleil".
C'est pour tout cela que, malgré notre amour pour Camus, nous nous sommes toujours sentis plus proches de Sartre. C'est pour cela que, malgré notre sympathie pour Meursault, nous avons toujours eu plus de compréhension pour Roquentin [le héros de La Nausée]. D'autant plus, peut-être, que nous n'avions trouvé ni dans Le Mythe de Sisyphe, ni dans L'Homme révolté la force de l'écriture et la charge polémique de Sartre. Certes, nous allions comprendre par la suite que la philosophie de Sartre n'était pas aussi puissante que nous l'avions imaginé ; mais il n'en reste pas moins que l'auteur de Qu'est-ce que la littérature ? éclipsait la plupart de ceux qui l'entouraient. Camus était resté à l'écart de la cour sartrienne, ce qui ne l'a pas empêché de dénoncer la violence et l'injustice. Mais force est de constater qu'il n'avait pas été capable de faire un choix clair entre la justice et la liberté, d'un côté, l'amour pour sa mère et les rayons de soleil à Tipaza, de l'autre.
Abdessalam Benabdelali
03:43 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : camus, étranger, monde arabe, arabe, monde, écrivain, sarkozy



