Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

13.07.2009

E-mails en chaîne racistes : typiquement belge ?

racisme.gifEn 2008, le CECLR a reçu 430 signalements concernant des propos haineux sur internet. C’est 25% de plus que l’année précédente.


Le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme a remis ce mercredi son rapport annuel "Discrimination / Diversité". En 2008, le Centre a reçu 2.207 signalements.

Les plaintes concernaient d’abord le secteur emploi (plus d’un signalement sur cinq). Certains stéréotypes liés à l’âge ou au handicap ont la vie dure, estime le Centre.

 
E-mails en chaîne

Le deuxième grand secteur concerne internet (20% des plaintes). Un signalement sur trois concernait des e-mails en chaîne qui incitaient à la violence, à la haine ou à la discrimination.

C’est presque toujours la communauté musulmane belge ou européenne qui fait l’objet de ces messages. Tantôt ceux-ci traitent d’un imam fictif, Bouziane, qui profiterait des allocations sociales dans notre pays, tantôt il s’agirait d’un récit mensonger sur une bande de jeunes marocains qui violeraient ou mutileraient des jeunes filles en Belgique. Le centre note qu’il y a relativement beaucoup plus d’e-mails en chaîne racistes et xénophobes qui circulent en Belgique que dans d’autres pays européens.

Un autre tiers des signalements concernaient les sites de réseaux sociaux, les blogs et des forums de discussion comme Netlog, Skynet, Facebook ou Youtube.

 
Islamophobie

Un chapitre est consacré à l’islamophobie, qui revient souvent à l’avant-plan dans l’actualité et fait l’objet de débats. "La liberté de critiquer l’islam, au même titre que n’importe quelle religion ou idéologie, doit être assurée. (...) Mais il ne faudrait pas confondre critique virulente et les propos qui, sous couvert d’une critique de l’islam, alimentent une haine envers des personnes dites musulmanes", indique le directeur du centre Edouard Delruelle.

 

22.06.2009

Le voile qui fait polémique

340x.jpgJuin 2009 : Les citoyens belges se prêtent au jeu démocratique pour choisir leurs parlementaires  qui les représenteront aux différents hémicycles régionaux ainsi qu’au parlement européen.  Le vote en Belgique étant obligatoire, chaque citoyen à le devoir civique de se rendre aux urnes.


En région de Bruxelles-Capitale, une jeune schaerbeekoise, Mahinur Ozdemir, est élue au parlement bruxellois avec 2851 voix de préférences sur la liste du Centre Démocrate Humaniste (cdH).  Durant ces élections, la presse nationale a abondamment parlé de cette jeune politicienne qui a créé, malgré elle,  une polémique sur un sujet hautement symbolique et qui déchaîne les passions.  

 

Diplôme de la faculté des Sciences Politique de l’Université Libre de Bruxelles (ULB), Mahinur Ozdemir est de confession musulmane et porte le voile. C’est la première députée bruxelloise et la première élue en Belgique qui prêtera serment avec son voile. Aucun parti démocratique ne s’est, à ce jour, vivement opposé à l’arriver d’une nouvelle députée portant un signe religieux.

 

L’élection de Mahinur Ozdemir a engendré une foule de contestation auprès de nombreux défenseurs de la laïcité à la Française, utilisant l’argument de la séparation stricte de l’état et de l’église.

 

A la naissance du Royaume de Belgique, les hommes politiques ont tenté de trouver un bon compromis entre la forte pression des catholiques (en ce compris la monarchie) et celui des défenseurs de la laïcité. Le compromis à la Belge a vu naître le principe de « laïcité à la Belge » ou plus communément appelé neutralité. Il vise à séparer clairement le pouvoir politique à celui du religieux en y apportant certaines adaptations. En pratique, la Belgique autorise l’école publique à dispenser des cours de religion, finance les cultes reconnus (Catholicisme, Judaïsme, Protestantisme, Islam,…) reconnaît et subventionne l’enseignement libre confessionnelle (catholique, israélite…).

 

De nombreux défenseurs de la laïcité, en ce compris les laïcards et des « anti-religion » ordonnent que la jeune élue bruxelloise prête serment sans son voile. L’argument le plus régulièrement servi vise à émettre l’hypothèse que cette future élue ne travaillera qu’au service d’une communauté religieuse ou ethnique et défendra donc uniquement les intérêts de ceux dont on supposerait qu’ils lui ont accordés leurs voix.

 

Il est certes primordial de défendre les valeurs de laïcité telle que prescrite dans notre pays dont le principe d’ingérence du religieux dans la sphère politique et du politique dans la sphère religieuse  doit être protégé et défendu.

 

Cependant, l’argument qui vise à bafouer le choix démocratique est frappant. Lorsque les partis ont déposé leur liste au Tribunal, aucun prétendant « défenseur de la laïcité » n’a  contesté la liste du cdH. Le tribunal ayant accepté les listes, toutes les lois étaient donc respectées. Il a fallu attendre l’élection d’une candidate qui ne répond pas à l’exigence de certain pour que les contestations arrivent. Si cette fille n’avait pas été élue, personne n’aurait réagit.

 

Le deuxième argument le plus exposé tant à dire qu’en portant un voile cette fille ne respectera pas la  neutralité au parlement. Cet argument ne tient pas la route car nous n’attendons pas d’un politique ce que nous attendons d’un fonctionnaire, le politicien n’étant fondamentalement pas neutre.

 

Nous savons très bien qu’en interdisant le port de signe religieux à des élues (choisi démocratiquement) ces derniers ne siègeront pas dans les parlements pour lequel les citoyens leurs ont donné leurs voix.  

 

Dans de nombreuses démocraties, des parlementaires portant un signe religieux prêtent serment et cela ne remet nullement en cause les principes de démocratie et de séparations des pouvoirs.

 

Il ne s’agit pas dans ce texte de polémiquer sur le voile en lui-même, mais de défendre l’intérêt du choix  démocratique fait par les électeurs qui d’une manière ou d’une autre veulent se sentir représenté et ce, en tenant compte de la réalité socioculturelle de Bruxelles.

 

N’est-il pas préférable de voir en politique des élus religieux modérés (les partis traditionnels ne choisissant par le dernier extrémiste du coin)  qui désirent profondément respecter le cadre de la loi, qui veulent bâtir une société de dialogue  et favoriser le vivre ensemble que de voir émerger des élues de partis radicaux avec lequel aucun dialogue n’est possible.

 

En interdisant cette élue de siéger avec son voile, ne risquons-nous pas de donner raison aux intégristes qui utilisent l’argument du rejet pour favoriser leur emprise auprès d’une jeunesse en quête d’identité.  

 

Après tout, Il me semble plus opportun d'avoir une femme politique voilée et active que certains politiciens dévoilés et inactifs.

28.03.2009

Le Maroc fait un appel à L'UNESCO contre les dérives négationnistes

SM le Roi Mohammed VI a adressé un message aux participants à la conférence de lancement du projet Aladin pour un dialogue interculturel fondé sur la vérité historique, la connaissance et le respect mutuel, qui s'est ouverte vendredi au siège de l'UNESCO à Paris.

Voici le texte intégral de ce message dont lecture a été donnée par le ministre des Habous et des Affaires islamiques, M. Ahmed Toufiq :. 

Excellences, Mesdames et messieurs. 

"Quel choix et quelle responsabilité d’avoir fait appel au mythe d’Aladin pour nous inviter collectivement à réfléchir autrement à l’un des stigmates les plus tragiques et les plus indicibles de l’histoire contemporaine.

Responsabilité en effet et choix singulier s’il en est, car aucun d’entre nous, Mesdames et Messieurs, ne peut prétendre à une lecture de l’holocauste qui ne soit pas totale, irréfragable et sans concession ou compromission.

Concession ou compromission qui seraient dictées par les conjectures de l’instant ou les fragilités d’une mémoire coupable parce que délibérément sélective.

Ma lecture de l’holocauste et celle de Mon Peuple ne sont pas celle de l’amnésie.

Notre lecture est celle d’une blessure mémorielle que nous savons inscrite dans l’un des chapitres les plus douloureux, dans le Panthéon du Patrimoine universel. 

D’autres que Moi sauront à juste titre vous dire à cet égard que s’agissant du Royaume du Maroc, ce propos n’est pas nouveau et il ne sera jamais un propos de circonstance.

Si J’en esquisse aujourd’hui le rappel, c’est justement pour qu’Aladin, votre groupe de Réflexion se fixe l’objectif prioritaire de dire enfin au reste du Monde, ce qu’a été la résistance au nazisme des Pays qui, comme le Mien, à partir de l’espace arabo-musulman, ont su dire non à la barbarie nazie et aux lois scélérates du gouvernement de Vichy.

La communauté des Nations s’est trop longtemps accommodée d’une lecture sélective de l’histoire de cette période sombre et régressive.

Une lecture par défaut qui a permis à tous les fantasmes de s’épanouir.

Dans quels manuels d’histoire et d’éducation civique apprend-on en effet aujourd’hui en Occident, que le Maroc dès les années 30, avait ouvert ses portes aux Communautés Juives Européennes qui avaient vu à temps, le danger pointer à l’horizon.

Dans quels instituts ou carrefours intellectuels en Europe ou aux Etats-Unis discute-t-on de l’attitude exemplaire et historique de Feu Mon Grand-Père, Sa Majesté le Roi Mohammed V que Dieu le garde en Sa Sainte Miséricorde. Lui qui malgré un pouvoir bridé par les réalités implacables du protectorat français, avait su s’opposer à l’application des lois racistes de Vichy aux citoyens Marocains de confession juive.

Chacun comprendra ici qu’en vous appelant à une lecture exhaustive et fidèle de l’histoire de cette période, Je ne rends pas seulement justice aux faits.

Nous sommes en effet dans un temps qui n’est pas neutre. Un temps où l’imaginaire collectif de toutes nos sociétés est aussi nourri par la perspective de l’exclusion et de l’échec quand se profilent les promesses du dialogue de nos civilisations, de Nos cultures et de Nos religions.

Nous devons donc ensemble partir à la reconquête de la raison et des valeurs qui fondent la légitimité d’un espace de convivialité où les mots de dignité, de justice et de liberté auront à s’exprimer de la même façon et à se conjuguer avec les mêmes exigences, quelles que soient nos origines, nos cultures ou nos spiritualités.

C’est notre lecture au Maroc du devoir de mémoire que nous dicte la Shoah.

Un devoir de mémoire qui dans sa profondeur et dans sa tragique singularité, nous impose avec force les contours éthiques, moraux et politiques qui seront demain les vrais garants de cette paix faite de Justice et de Dignité également partagées et à laquelle aspire la majorité des Palestiniens et des Israéliens".